Les Forêts d’Alice – mon 2e perso steampunk

Après Notre Mère des Fronts blêmes, créée pour le SteamTour de septembre 2015, l’occasion d’imaginer et de travailler un personnage ne s’est plus représentée avant janvier 2016. Le samedi 16 de ce mois-là, Chitra Event (oui, encore eux !  😉  ) avait organisé Le GoûThé des Merveilles, qui fêtait à la fois l’entrée dans l’année 2016 et les 150 ans d’Alice au pays des Merveilles.

Un très chouette petit événement, qui avait lieu par une froide après-midi dans un salon de thé bien douillet : les Champs du Sud, à Castres.gouthe-merveilles-1b Le goûter et les gâteaux étaient top, le chocolat chaud à se rouler par terre et tout le monde avait joué le jeu, venant habillé en l’un des personnages d’Alice au pays des merveilles ou De l’autre côté du miroir.
Pour ma part, j’avais donc choisi quelque chose de bien particulier (d’ailleurs, on a cru à mon arrivée que j’étais costumée en Alice  ^^ ) : incarner les forêts présentes dans les deux livres, leur face joyeuse comme leur côté plus obscur

Me sachant conteuse et lectrice, on m’avait aussi demandé de mettre la main à la pâte et de faire deux, trois petites animations. Pour marquer la différence avec mon statut de simple visiteuse qui profite de l’ambiance, j’enfilais alors une jolie paire d’oreilles de lapin noir !  🙂

Mais bon, ce n’est pas parce qu’on est une forêt imaginaire qu’on n’a pas à faire attention à sa mise !Encore une fois, j’allais chercher l’inspiration chez Sartorial Matters, avec une robe adorable sur laquelle j’avais flashé quelques semaines auparavant. gouthe-merveilles-2bVenant de la marque Warehouse et présentant une coupe vintage avec dos nu, elle est d’un style romantique fleuri, façon années 40 et Tea Dresses. J’ai ajouté au-dessous une combinaison ancienne dégotée sur PriceMinister, qui s’est révélée légèrement plus grande que la jupe, pour un effet qui soulignait le parterre de fleurs – très, très sympa !
Vous remarquerez sur cette photo le gant en dentelle blanc main gauche, et celui plus long, façon vamp’, et d’un violet sombre main droite : une autre manière d’exprimer la dichotomie entre les deux visages que peut prendre une forêt.

 

Ici, nous avons donc affaire à la partie plus souriante ! Comment la reconnaître ? Eh bien, je porte les Insectes du miroir (De l’autre côté du miroir, chap. III), qu’Alice découvre lors d’une discussion plutôt agréable et fort intéressante avec un énorme Moucheron, « de la taille d’un poulet »…

Un instant plus tard, elle sentit le wagon se soulever tout droit dans l’air, et, dans sa terreur, elle se cramponna à la première chose qui lui tomba sous la main, qui se trouva être la barbe du Bouc.
Mais la barbe sembla disparaître au moment précis où elle la touchait, et elle se trouva assise tranquillement sous un arbre… tandis que le Moucheron (The Gnat) (car tel était l’insecte à qui elle avait parlé) se balançait sur une branche juste au-dessus de sa tête et l’éventait de ses ailes.
À vrai dire, c’était un très, très gros Moucheron « à peu près de la taille d’un poulet », pensa Alice. Malgré tout, elle n’arrivait pas à avoir peur de lui, après la longue conversation qu’ils avaient eue.
— … alors tu n’aimes pas tous les insectes ? continua le Moucheron aussi tranquillement que si rien ne s’était passé.
— Je les aime quand ils savent parler, répondit Alice. Dans le pays d’où je viens, aucun insecte ne parle.
— Et quels sont les insectes que tu as le bonheur de connaître dans le pays d’où tu viens ?
— Les insectes ne me procurent aucune espèce de bonheur parce qu’ils me font plutôt peur… du moins les gros… Mais je peux te dire le nom de quelques-uns d’entre eux.
— Je suppose qu’ils répondent quand on les appelle par leur nom ? demanda le Moucheron d’un ton négligent.
— Je ne les ai jamais vus faire cela.
— À quoi ça leur sert d’avoir un nom, s’ils ne répondent pas quand on les appelle ?
— Ça ne leur sert de rien, à eux, mais je suppose que c’est utile aux gens qui leur donnent des noms. Sans ça, pourquoi est-ce que les choses auraient un nom ?
— Je ne sais pas. Dans le bois, là-bas, les choses et les êtres vivants n’ont pas de nom… Néanmoins, donne-moi ta liste d’insectes.
— Eh bien, il y a d’abord le Taon, commença Alice, en comptant sur ses doigts.
— Et qu’est-ce que le Taon ?
— Si tu préfères, c’est une Mouche-à-chevaux, parce qu’elle s’attaque aux chevaux.gouthe-merveilles-4b
— Je vois. Regarde cet animal sur ce buisson : c’est une Mouche-à-chevaux-de-bois (Rocking Horse Fly). Elle est faite entièrement de bois, et se déplace en se balançant de branche en branche.
— De quoi se nourrit-elle ? demanda Alice avec beaucoup de curiosité.
— De sève et de sciure. Continue, je t’en prie.
Alice examina la Mouche-à-chevaux-de-bois avec grand intérêt, et décida qu’on venait sans doute de la repeindre à neuf, tellement elle semblait luisante et gluante. Puis, elle reprit :
— Il y a aussi la Libellule-des-ruisseaux.
— Regarde sur la branche qui est au-dessus de ta tête, et tu y verras une Libellule-des-brûlots (Snap-Dragonfly). Son corps est fait de plum-pudding ; ses ailes, de feuilles de houx ; et sa tête est un raisin sec en train de brûler dans de l’eau-de-vie.
— Et de quoi se nourrit-elle ?
— De bouillie de froment et de pâtés au hachis de fruits ; elle fait son nid dans une boîte à cadeaux de Noël.
— Ensuite, il y a le Papillon, continua Alice, après avoir bien examiné l’insecte à la tête enflammée (tout en pensant : « Je me demande si c’est pour ça que les insectes aiment tellement voler dans la flamme des bougies…. pour essayer de devenir des Libellules-des-brûlots ! »)
— En train de ramper à tes pieds, dit le Moucheron (Alice recula ses pieds vivement non sans inquiétude), se trouve un Tartinillon (Bread and Butterfly). Ses ailes sont de minces tartines de pain beurré, et sa tête est un morceau de sucre.
— Et de quoi se nourrit-il ?
— De thé léger avec du lait dedans.
Une nouvelle difficulté se présenta à l’esprit d’Alice :
— Et s’il ne pouvait pas trouver de thé et de lait ? suggéra-t-elle.
— En ce cas, il mourrait, naturellement.
— Mais ça doit arriver très souvent, fit observer Alice d’un ton pensif.
— Ça arrive toujours, dit le Moucheron.
Là-dessus Alice garda le silence pendant une ou deux minutes, et se plongea dans de profondes réflexions. Le Moucheron, pendant ce temps, s’amusa à tourner autour de sa tête en bourdonnant.

gouthe-merveilles-5b

La Mouche-à-chevaux-de-bois est tout simplement une base en carton achetée dans un magasin de loisirs créatifs, que j’ai peinte, vernis et sur laquelle j’ai collé deux ailes en papier de soie.
J’ai réalisé la Libellule-des-brûlots et le Tartinillon avec de la pâte Fimo, dont j’expérimentais l’utilisation. C’est ma rencontre avec la créatrice Xtine au Toulouse Game Show qui m’en a donné l’idée. Pour la tête en sucre, j’ai ajouté une poudre qu’on utilise en embossage afin de rendre l’aspect granuleux et brillant, et pour celle de la libellule, qui est censée brûler, j’ai glissé un vrai raisin sec dans la fiole et j’ai rempli celle-ci avec de l’essence à briquet. Voici ce que ça donnait, une fois allumé :

gouthe-merveilles-6b

 

Maintenant que nous avons exploré la partie lumineuse, aventurons-nous en des contrées plus sombres…

Pour cela, le poème du Jabberwocky était idéal, d’autant que le rythme donné par le groupe Omnia, qui l’a adapté en chant scandé, m’a aidé à l’apprendre. Une de mes épées courtes de GN (jeu de rôle Grandeur Nature) dans les mains en guise de « vorpal sword », et le tour était joué !

Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe ;
All mimsy were the borogoves,gouthe-merveilles-3b
And the mome raths outgrabe.

“Beware the Jabberwock, my son !
The jaws that bite, the claws that catch !
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch !”

He took his vorpal sword in hand :
Long time the manxome foe he sought
– So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.

And as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came !

One, two ! One, two ! and through and through
The vorpal blade went snicker-snack !
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.

“And hast thou slain the Jabberwock ?
Come to my arms, my beamish boy !
O frabjous day ! Callooh ! Callay !”
He chortled in his joy.

À relire avec la chanson d’Omnia dans les oreilles !  😉

 

Eh bien voilà, j’ai fait le tour de ce personnage.

Là encore, j’ai adoré le créer, tester des supports d’inventivité que je n’avais encore jamais explorés ! Il y avait un aspect très littéraire dans sa présentation, puisque j’ai lu sur la petite scène des Champs du Sud les deux textes que je vous présente dans cet article. Et puis, en tant que romancière moi-même, j’ai trouvé un petit quelque chose de magique à donner forme à l’imaginaire d’un auteur, à rendre réel les créatures d’un livre.

Merci à Chitra Event d’avoir créé cette occasion, aux Champs du Sud de l’avoir accueillie, à Johanna de Sartorial Matters pour les robes toujours géniales qu’elle dégote et à Cécile pour m’avoir fait découvrir Sartorial !

 

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